Quel télescope acheter pour débuter en astronomie ?

Quel télescope acheter pour débuter en astronomie ?

C'est la question qu'on nous pose le plus souvent en soirée d'observation : "je voudrais m'acheter un télescope, mais je ne sais pas lequel choisir !".
Sur internet, l'offre est immense et les fiches techniques donnent parfois l'impression qu'il faut être ingénieur optique pour s'y retrouver.

Dans cet article, on va à l'essentiel : un modèle qui a fait ses preuves depuis des décennies pour un premier achat, ce qu'il permet réellement de voir, et ce qu'il faut comprendre avant de sortir la carte bancaire.

Le grand classique pour débuter : le 114/900

Si vous demandez conseil dans n'importe quel club d'astronomie amateur en France, il y a de fortes chances qu'on vous parle du 114/900. Ce n'est pas une marque, mais une catégorie de télescope qu'on retrouve chez plusieurs fabricants (Bresser, Skywatcher, Omegon, TS Optics, entre autres), avec des caractéristiques optiques quasiment identiques d'un constructeur à l'autre.

Les deux chiffres correspondent à son diamètre et à sa distance focale :

  • 114 mm de diamètre pour le miroir principal
  • et 900 mm de distance focale

On appelle ça un télescope "de type Newton", du nom de l'astronome qui a inventé ce principe optique au 17e siècle : au lieu d'utiliser une lentille en verre comme une lunette classique, il utilise un miroir courbe au fond du tube pour capter et concentrer la lumière. C'est ce principe qui permet d'avoir un diamètre plus généreux pour un prix beaucoup plus accessible qu'une lunette équivalente.

Ce que l'on peut observer avec ce genre d'instrument

Sur le système solaire, les résultats sont vraiment satisfaisants pour un premier télescope. On distingue nettement les cratères et les reliefs de la Lune, les phases de Vénus (comme un petit croissant, un peu à la manière de la Lune), les anneaux de Saturne, et Jupiter avec ses quatre principales lunes alignées de part et d'autre de la planète.

Sur le ciel profond, c'est à dire tout ce qui se trouve au-delà de notre système solaire, un 114 mm reste modeste mais loin d'être inintéressant. Sous un ciel suffisamment sombre, loin de la pollution lumineuse des villes, on peut observer des amas d'étoiles bien lumineux, quelques nébuleuses comme celle d'Orion, et les galaxies les plus brillantes du ciel. Il ne faut pas s'attendre à des images en couleur comme sur les photos de la NASA : à l'œil, dans un télescope de cette taille, ces objets apparaissent plutôt comme des taches grises ou légèrement floues. C'est normal, et ça fait partie du charme de l'observation en direct.

Ce qu'il faut comprendre avant d'acheter

Le diamètre du télescope

C'est le critère le plus important, bien plus que le grossissement qu'on voit souvent mis en avant sur les emballages. Un diamètre de 114 mm capte environ 2,6 fois plus de lumière qu'une petite lunette d'initiation de 70 mm, ce qui donne des images nettement plus lumineuses et détaillées. Retenez cette règle simple : plus le diamètre est grand, plus l'instrument "voit" de détails, quel que soit le grossissement affiché sur la boîte.

La monture du télescope

Ces télescopes sont le plus souvent vendus sur une monture dite "équatoriale" (on la reconnaît aux inscriptions EQ1 ou EQ2 sur les modèles d'entrée de gamme). Elle est conçue pour compenser la rotation de la Terre : une fois bien réglée, une seule molette permet de suivre un astre qui se déplace dans le ciel, sans avoir à réajuster l'appareil dans tous les sens. Certains modèles existent aussi sur une monture "azimutale" (AZ), plus simple à comprendre au premier abord puisqu'elle se déplace juste horizontalement et verticalement, mais moins pratique pour suivre un objet sur la durée.

La focale du télescope

La distance focale, c'est la distance parcourue par la lumière entre le miroir principal et le point où l'image se forme, à l'intérieur du tube. Sur un 114/900, elle est de 900 mm. Associée au diamètre de 114 mm, elle donne ce qu'on appelle le "rapport d'ouverture" de l'instrument, ici environ F/8 (on obtient ce chiffre en divisant la focale par le diamètre : 900 divisé par 114).

Concrètement, ce rapport détermine plutôt le type d'observation pour lequel votre télescope sera le plus à l'aise. Un rapport d'ouverture proche de F/8, comme sur ce modèle, est considéré comme un bon compromis polyvalent : ni trop "long" (ce qui favoriserait uniquement les planètes très grossies mais avec un champ de vue étroit), ni trop "court" (ce qui favoriserait un grand champ pour le ciel profond mais avec des images planétaires moins nettes).

La focale joue aussi un rôle direct sur le grossissement final, en combinaison avec l'oculaire que vous utilisez. Pour obtenir le grossissement, on divise la focale du télescope par la focale de l'oculaire : avec un oculaire de 10 mm par exemple, un télescope de 900 mm de focale grossira 90 fois. C'est pour cette raison qu'un même télescope peut offrir des grossissements très différents selon les oculaires qu'on lui associe, alors que sa focale, elle, ne change jamais.

L'encombrement, une caractéristique à ne pas négliger

Côté encombrement enfin, comptez un tube d'environ 90 cm de long, et un ensemble complet (tube et trépied) autour de 12 à 13 kg. Ça reste transportable en soirée d'observation, mais ce n'est pas non plus un instrument qu'on glisse dans un sac à dos : il faut prévoir un peu de place dans le coffre de la voiture.

Quelques modèles concrets

Voici trois références de 114/900 disponibles chez différents fabricants, pour vous donner une idée de ce qui existe sur le marché :

Achetez malin, on vous accompagne

Un dernier conseil, cette fois très concret : si vous achetez votre télescope via l'un des liens de cet article, on vous offre une heure de prise en main avec nous. L'idée est simple, on vous montre comment régler votre instrument, comment le pointer correctement, comment vous repérer dans le ciel avec...
Bref, tout ce qui fait la différence entre "j'ai un télescope qui prend la poussière" et "j'utilise vraiment mon télescope". Ce sont souvent ces premiers réglages qui découragent les débutants, alors autant les passer avec quelqu'un qui les fait depuis des années.

Et si l'envie de progresser continue après cette première prise en main, sachez qu'on propose aussi un accompagnement plus régulier avec notre "Astro Polo social club", notre club d'astronomie, pour ceux qui veulent aller plus loin que la simple découverte.

À propos d'ASTRO POLO

ASTRO POLO organise des soirées d'observation, animations astronomiques et sorties télescope en Drôme, Ardèche et dans le Gard. Retrouvez toute notre programmation sur www.astro-polo.com

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